31 août 2026
Quelles sont les avancées pour la prise en charge de la santé des sportifs ? Le sport féminin provoque-t-il des pathologies spécifiques ? Les enfants autistes peuvent-ils s’exprimer par le sport ? C’est un large tour d’horizon que le congrès Sport et Santé 2026 proposera aux médecins, chercheurs, professionnels de santé et sportifs de haut niveau, le 12 septembre prochain à La Garde, sous la responsabilité du Dr Jean-Jacques RAYMOND, chef de l’Unité de médecine et traumatologie du sport à l’hôpital Sainte-Musse à Toulon. Il nous parle de cet événement pensé avant tout comme un lieu d’échanges et de partage d’expériences.
Dr Jean-Jacques RAYMOND, chef de l’Unité de médecine et traumatologie du sport © Conrad Eberhaerd
Comment est née l’idée de ce congrès ?
Nous avions envie de communiquer et de faire passer un certain nombre de messages autour du sport et de la santé. Il y a des sujets qui nous touchent particulièrement aujourd’hui, comme le sport féminin. Nous suivons notamment deux équipes professionnelles féminines et nous savons que certaines pathologies sont spécifiques. Nous voulions donc faire le point avec des spécialistes. Mais notre congrès ne sera pas animé uniquement par des médecins : il y aura aussi des chercheurs, des spécialistes et des sportifs. Et puis, le mot « congrès » ne me convient pas complètement : je parlerais davantage d’une journée d’échanges.

Pourquoi avoir choisi une approche pluridisciplinaire ?
Parce que je suis convaincu que la pire des catastrophes pour nous, médecins et soignants, c’est de s’isoler et de ne pas échanger. Nous n’avons jamais eu autant accès à la connaissance grâce à internet et aux réseaux sociaux, mais l’échange de terrain reste essentiel. Personne ne vient ici pour convaincre l’autre. L’objectif est de regarder ce qui se fait aujourd’hui, ce qui a évolué et ce qui peut être intéressant dans nos pratiques. C’est cette dimension humaine qui m’intéresse.
Quels seront les grands sujets abordés durant cette journée ?
Nous allons parler du sport féminin et notamment de certaines blessures, comme les ruptures des ligaments croisés. Mais également d’alimentation, de micronutrition, de récupération, de sommeil, de vieillissement et de performance. Nous aborderons aussi la préparation mentale et les addictions. Je me pose par exemple une question : doit-on faire de la préparation mentale chez les adolescents ou doit-on d’abord se concentrer sur la technique, le plaisir et le bien-être ? L’idée est justement de confronter les points de vue.
Vous consacrez également une place au sport adapté…
Nous avons monté un projet avec des adultes autistes, accompagnés par des équipes spécialisées, et un club de rugby qui travaille sur le sport adapté. Nous leur avons fait pratiquer du rugby touché. Les évolutions observées ont été très importantes. Quand vous voyez ces personnes, leurs familles et ce que cette pratique peut leur apporter, vous comprenez tout l’intérêt de connecter santé mentale et activité physique. Ce sont aussi ces expériences de terrain que nous voulons partager lors de cette journée.
Des champions comme Stéphane Mifsud seront présents…
Une expertise différente. Stéphane Mifsud est allé, à travers son expérience, au-delà de la physiologie standard. Il détient toujours le record du monde d’apnée statique à plus de onze minutes. Avec Thomas Loubersanes ou Laurent Charvet, nous avons des sportifs qui connaissent intimement la préparation mentale, l’alimentation, la récupération ou le sommeil. Leur expérience est précieuse et ils n’auront d’ailleurs pas nécessairement le même avis que les médecins ou les autres spécialistes. C’est justement ce qui rendra les échanges intéressants.
Le sport-santé doit-il aujourd’hui davantage se tourner vers les jeunes ?
Oui, complètement. Nous avons encore beaucoup trop de sédentarité, particulièrement chez les adolescents. Quand j’ai créé le service de médecine du sport, l’une de mes idées était justement de permettre aux jeunes d’avoir accès aux soins à travers le sport. Notre structure a ouvert en 2014 et nous réalisons aujourd’hui environ 8 000 actes par an. Nous faisons de la prévention et du traitement, avec une philosophie simple : nous pouvons recevoir les plus grands sportifs, mais celui qui joue dans le petit club de quartier bénéficie de la même considération et de la même prise en charge.

SPORT ET SANTÉ 2026 — Samedi 12 septembre 2026, Domaine de la Baratonne à La Garde. Entrée : 30 €. Une journée destinée aux professionnels de santé et aux acteurs concernés par le sport et la santé.


