31 décembre 2025
Béatrice Ripoll, 55 ans, bénévole à Promo Soins Toulon
Béatrice Ripoll - directrice de l'antenne Promo Soins - Toulon ©Conrad Eberhaerd - Var Infos
Depuis plus de trente ans, l’antenne toulonnaise de Promo Soins accueille les personnes les plus démunies, sans droits ni accès au système de santé. À sa tête, Béatrice Ripoll, infirmière de formation et bénévole depuis onze ans. Elle incarne un engagement humain et solidaire au service des plus fragiles.
Après dix années passées à Lyon au service hémodialyse pédiatrique, puis vingt-cinq ans dans l’industrie pharmaceutique, Béatrice Ripoll a choisi, à 55 ans, de s’engager pleinement dans le bénévolat. Installée dans le Var depuis 1994, elle rejoint Promo Soins Toulon il y a onze ans.
« Soigner me manquait. En étant en préretraite, j’avais du temps, de l’énergie. J’avais envie de continuer à être utile », confie-t-elle.
Aujourd’hui vice-présidente de l’association et responsable de l’antenne toulonnaise, elle coordonne une structure devenue incontournable dans le paysage social et sanitaire varois.
Une association qui a grandi avec les besoins
Créée il y a 33 ans sous l’impulsion de Gilles Rebêche, diacre permanent au diocèse Fréjus-Toulon, Promo Soins Toulon est née d’un constat simple : les personnes de la rue n’avaient pas seulement faim, elles étaient aussi malades.
« On a commencé avec quelques bénévoles, des pansements, des soins dentaires de première nécessité. Et puis l’association s’est structurée », explique Béatrice Ripoll.
Aujourd’hui, Promo-Soins Toulon compte 45 salariés et près de 60 bénévoles, dont plus de 30 médecins et une dizaine d’infirmières, sans compter les bénévoles de l’accueil. Tous les soins sont assurés par des soignants bénévoles, épaulés par des salariés indispensables à la continuité et à l’organisation de l’action.
Des soins gratuits pour ceux qui n’ont aucun droit
L’antenne toulonnaise accueille des personnes sans couverture sociale : personnes vivant à la rue, demandeurs d’asile, personnes en situation irrégulière.
« Ce sont les plus pauvres des pauvres. Des gens qui n’ont aucun accès à la Sécurité sociale », souligne la responsable.
Les consultations de médecine générale constituent le cœur de l’activité, complétées par des consultations de spécialistes (cardiologie, dermatologie, gynécologie, ORL), des soins infirmiers, des suivis post-opératoires et des actions de dépistage.
Un solide réseau de partenaires
Promo Soins Toulon travaille en étroite collaboration avec les hôpitaux publics, notamment Sainte-Musse et Sainte-Anne, ainsi qu’avec des partenaires de ville.
« Quand nos moyens sont dépassés, nous orientons les patients vers l’hôpital. Le partenariat avec Sainte-Musse est essentiel », précise Béatrice Ripoll.
Le centre de radiologie Jean-Jaurès et le laboratoire Cerballiance participent également à l’effort en réalisant gratuitement examens et bilans pour les patients sans droits.
Ramener les patients vers le droit commun
Reconnu comme Pass Santé Ville par l’ARS, l’agence régionale de santé, Promo Soins ne se substitue pas au système classique, mais agit comme un tremplin. Les assistantes sociales accompagnent les patients dans leurs démarches afin d’obtenir une aide médicale d’État ou une complémentaire santé solidaire, pour les orienter ensuite vers la médecine de ville. Mais un obstacle majeur persiste :
« Le vrai frein aujourd’hui, c’est de trouver des médecins de ville qui ont encore de la place », regrette-t-elle.
Une motivation profondément humaine
Chrétienne engagée, Béatrice Ripoll voit son action comme une manière concrète de vivre ses valeurs.
« C’est ma façon de vivre l’Évangile : soigner les plus pauvres », affirme-t-elle.
Elle évoque aussi l’impact humain de cet engagement, tant pour les patients que pour les bénévoles :
« On rencontre des vies tellement difficiles que ça remet beaucoup de choses en perspective. On ressort grandi de ces rencontres. »
Des bénévoles très investis
Contrairement aux idées reçues, Promo Soins ne manque pas de soignants bénévoles. Les plannings sont souvent complets plusieurs mois à l’avance.
« Les médecins et infirmières sont très motivés. Rien n’est imposé, chacun choisit ses jours. Cette souplesse fait notre force », explique-t-elle.
Les bénévoles s’inscrivent librement, travaillent en binôme lors de leur arrivée, et s’intègrent progressivement dans une équipe soudée, où l’entraide dépasse largement le cadre professionnel.
Une précarité qui évolue
En plus de la grande pauvreté historique, l’antenne a vu apparaître de nouvelles formes de détresse.
« Nous sommes confrontés à des parcours de migration extrêmement violents : des femmes violées, enceintes, des traumatismes lourds. Ce sont des situations que nous n’avions jamais rencontrées auparavant », témoigne Béatrice Ripoll.
Aujourd’hui, l’urgence est plus que jamais présente, et les besoins ne cessent d’augmenter.
Quatre antennes dans le Var
Outre Toulon, Promo Soins est ausi implanté à Brignoles, Draguignan et Fréjus, sur un modèle identique, mêlant salariés et bénévoles afin d’apporter des soins aux plus démunis sur l’ensemble du territoire varois.
Michel Seignoret et Béatrice Ripoll directrice de l'antenne Promo Soins - Toulon ©Conrad Eberhaerd - Var Infos
« Quand on arrête de servir, on s’éteint »
Michel Seignoret, médecin bénévole à Promo Soins
Ancien médecin de la Marine, Michel Seignoret, 83 ans, consacre depuis une dizaine d’années une grande partie de son temps à Promo Soins. Au sein de l’unité d’hospitalisation de Léon Bérard, il accompagne des patients en grande précarité, souvent en fin de parcours de vie. Un engagement profondément humain, qu’il vit comme une évidence.
Après quarante années passées comme médecin dans la Marine nationale, aux quatre coins du monde, Michel Seignoret aurait pu goûter une retraite paisible. Mais à 75 ans, lorsqu’il « dévisse sa plaque » à Solliès-Toucas, l’idée d’arrêter définitivement la médecine lui est insupportable.
« Quand vous n’êtes plus réveillé par votre réveil, ce n’est pas bon. Il faut toujours avoir un boulot », confie-t-il avec franchise.
Orienté vers Promo-Soins, il rejoint l’association il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, il intervient principalement à l’unité d’hospitalisation de Léon Bérard, un service de seize lits accueillant des patients en long séjour, sans domicile, sans ressources, souvent étrangers et isolés.
Soigner, mais surtout accompagner
Dans ce service, la médecine dépasse largement le cadre technique.
« Ce ne sont pas que des soins. Il y a tout un environnement affectif. Ces gens n’ont souvent plus personne, ne parlent pas français, et sont seuls », explique le médecin.
Les patients viennent de tous horizons : Europe de l’Est, Afrique du Nord, Caucase. Beaucoup arrivent tardivement, après avoir longtemps nié leur maladie. Certains sont atteints de pathologies lourdes, parfois en phase terminale.
« Techniquement, on fait ce qu’on peut : soulager, améliorer la qualité de vie. Mais on sait que pour beaucoup, on les accompagne surtout humainement », reconnaît-il avec lucidité.
l'équipe de bénévoles chez Promo Soins - Toulon ©Conrad Eberhaerd - Var Infos
Une précarité qui ne disparaît pas
À ses yeux, la précarité médicale ne faiblit pas.
« Comme les Restos du cœur, on pensait au départ que ce serait provisoire. Trente-trois ans plus tard, Promo Soins est toujours là. Et malheureusement, ça ne s’arrêtera pas. »
Pour autant, Michel Seignoret refuse tout fatalisme. Il reste profondément convaincu de la capacité de solidarité de la société française.
« On dit souvent que les gens sont égoïstes. Ce n’est pas vrai. On trouve toujours des personnes prêtes à s’engager. Il faut juste leur donner l’occasion de le faire. »
À 83 ans, le médecin continue de venir chaque semaine, animé par la même enive : se rendre utile.
« Rendre service, ça donne du sens à la vie. Et tant que je peux le faire, je continue. »
Noëlle Lamure, animatrice bénévole des Restos du Coeur à Cuers ©Conrad Eberhaerd - Var Infos
“Donner aux autres, c’est continuer d’exister”
Noëlle Lamure, 52 ans, animatrice bénévole des Restos du Coeur à Cuers
Pourquoi avez-vous choisi de devenir bénévole ?
Mon histoire avec le bénévolat a débuté après un problème de santé qui m’a obligé à arrêter mon métier d’aide-soignante. Mais après 25 ans d’expérience en EHPAD, je ne pouvais pas mettre de côté mon profond besoin d’aider. Je me suis donc tournée vers le bénévolat dès janvier 2023 en m’engageant avec les Restos du Cœur pour mettre mon temps, ma capacité d’écoute et mon empathie au service des plus fragiles. Je suis convaincue que la solidarité est une force qui se partage.
l'équipe de bénévoles des Restos du Coeur à Cuers ©Conrad Eberhaerd - Var Infos
Aviez-vous déjà été engagée dans une action solidaire auparavant ?
Mes parents ont toujours fait du bénévolat, dans des domaines tels que l’accompagnement des jeunes, des familles surendettées, dans des associations de quartier. J’ai grandi dans une famille où être là pour l’autre a toujours existé. Plus jeune, j’ai été bénévole dans un quartier de Strasbourg où je suis née, pour l’encadrement de jeunes de 11 à 13 ans.
Qu’est-ce que cet engagement vous apporte sur le plan personnel ?
Cet engagement est d’une grande richesse relationnelle, humaine, que ce soit dans les échanges avec les personnes accueillies et avec l’équipe de bénévoles. J’ai besoin et envie d’apporter un peu de chaleur, à mon humble niveau, à ceux qui en ont besoin.
Qu’avez-vous ressenti lors de votre première journée en tant que bénévole ?
L’envie de continuer mon engagement.
Qu’est-ce qui vous touche le plus dans les rencontres avec les bénéficiaires ?
Les difficultés de plus en plus grandes que rencontrent les personnes que nous accueillons et qui touchent toutes les générations. La précarité est malheureusement grandissante en France. La solitude des gens est également un élément important et pour certaines personnes, nous sommes parfois leur seule rencontre de la semaine.
Une parole, un visage vous a particulièrement marquée depuis que vous êtes bénévole ?
Oui. Nous avions accueilli un jeune migrant isolé. Il est venu régulièrement pendant plusieurs mois, toujours souriant, et puis un jour, plus de nouvelles ! Quelques semaines après, je l’ai croisé dans les rues de Cuers. Il est venu vers moi, toujours aussi souriant, et m’a dit qu’il était en apprentissage dans une boulangerie et qu’il allait bien… C’est une belle histoire ! D’autres sont plus difficiles, mais nous essayons avec toute l’équipe d’être présents pour ceux qui en ressentent le besoin.
À savoir:
Les Restos disposent de 20 centres de distribution et organisent des maraudes itinérantes grâce à 2 camions basés à La Garde et à Draguignan. L'activité principale est l'aide alimentaire mais aussi vestimentaire, aide aux démarches administratives, aide à l'autonomie... Des justifications de revenus sont nécessaires pour devenir bénéficiaire.
Par an, 2 campagnes sont organisées : la campagne hivernale en cours jusqu'au mois de Mars et la campagne d’été de Mars à Novembre.
En 2025 :
15 131 personnes (dont 14 574 personnes éligibles à l'aide alimentaire) ont été accueillies : + 10% par rapport à 2024.
2 146 403 repas ont été servis, soit 12% d'augmentation.
Les Restos du Coeur sont ouverts toute l’année.
« Dire aux gens qu’ils ne sont pas seuls, c’est essentiel »
Sur la Photo: Annie Valette ©Conrad Eberhaerd - Var Infos
Annie Valette, bénévole aux Petits Frères des Pauvres à Toulon
“ Mon aventure avec les Petits Frères des Pauvres a débuté en 2018. Je suis aujourd’hui responsable d’une équipe d’une quarantaine de bénévoles et j’accompagne des personnes âgées isolées, avec une même conviction : retisser du lien, apporter une présence fidèle et offrir un peu de chaleur humaine à ceux que la solitude a trop longtemps tenus à l’écart.
“Être utile est inscrit dans mes gênes”
Je suis arrivée après mon départ à la retraite en me demandant, comme beaucoup de gens, comment occuper mon temps. J’avais mille idées, mais l’une d’elle s’est imposée, en tant qu’ancien travailleur social, c’est inscrit dans mes gênes : être utile à des personnes seules et coupées du lien social. Nous allons voir des personnes qui ne sortent plus, dont la famille n’est plus là ou ne vient plus. Certains ont eu des parcours très chaotiques… Leur apporter un peu de vie, une présence régulière, c’est précieux.
(de g à d) Thérèse Sélik -Marie-Claude Blouet-Annie Valette ©Conrad Eberhaerd - Var Infos
Les Petits Frères des Pauvres
L’association est présente à Toulon, sur le secteur de La Seyne-Six-Fours, La Garde, Brignoles et Draguignan. Elle dispose également d’une villa située à La Seyne-sur-mer qui accueille des personnes âgées de plus de 50 ans en situation d’isolement ou de précarité afin de leur permettre de passer quelques jours de vacances au bord de la mer. Les Petits Frères des Pauvres organisent des visites hebdomadaires à domicile et en établissement collectif et des moments de convivialité tout au long de l’année.
Annie Valette, bénévole aux Petits Frères des Pauvres à Toulon
Un lien de fidélité
Je me souviens encore de cette dame suivie par l’équipe mais repliée sur elle-même. Après un soin esthétique dans nos locaux, elle est ressortie transformée, détendue, heureuse. Ce sont des petits moments, fugaces peut-être, mais tellement réjouissants et enrichissants !
Le sentiment de solitude n’est pas nouveau. Il existe depuis toujours. Peut-être qu’on en parle davantage aujourd’hui. Mais ce n’est ni un lien amical, ni un lien familial. C’est un lien de fidélité, un appui. On ne remplace personne, mais on est là, chaque semaine, et on leur dit : vous n’êtes pas seuls, quelqu’un pense à vous. Un fil ténu, discret mais vital.”

Cindy Stevenin, bénévole à la Croix-Rouge
« Créer du lien, sauver des vies, rester humaine »
Cindy Stevenin, bénévole à la Croix-Rouge
Depuis sept ans, Cindy Stevenin s’engage avec constance et générosité au sein de la Croix-Rouge. Mère de famille, chargée de recrutement et bénévole investie dans les maraudes, elle place l’humain au cœur de chacune de ses actions.
Ainsi à 43 ans, Cindy jongle entre sa vie professionnelle, son rôle de maman de deux filles de 11 et 18 ans, et un engagement bénévole qu’elle n’a jamais envisagé comme accessoire. Depuis novembre 2018, elle fait partie de l’unité locale de la Croix-Rouge de Martigues, qu’elle a intégrée dès les prémices du projet.
« Dès que j’ai passé la porte, l’accueil a été chaleureux. Le projet n’était encore qu’une idée, et j’ai eu la chance de participer à son lancement. Aujourd’hui, cela fait sept ans », raconte-t-elle avec fierté.
Une aventure d’abord humaine
Ce qui l’a poussée à s’engager ? Le besoin de se sentir utile et le goût du contact humain, d’ailleurs les maraudes se sont rapidement imposées à elle, comme une évidence.
« Créer du lien social, orienter les bénéficiaires, les écouter, leur apporter un peu de chaleur humaine… Chaque maraude m’apporte autant que ce que je donne. On s’attache aux habitués, on suit leur évolution, et on voit concrètement notre utilité. C’est un véritable partage. »
Au fil des années, certaines situations marquent plus que d’autres. L’une d’elles reste gravée dans sa mémoire.

Cindy Stevenin, bénévole à la Croix-Rouge
« Un soir, un bénéficiaire m’a dit : “Demain, je ne serai plus là”. Je n’ai pas pris cette phrase à la légère. En tant que cheffe d’équipe ce soir-là, j’ai appelé les secours. Il a été hospitalisé, et quelques semaines plus tard, il m’a dit : “Vous m’avez sauvé la vie”. Un moment fort, qui résume à lui seul, le sens de son engagement.
Aider apprend à relativiser
Concilier bénévolat et vie de famille n’a jamais été un frein.
« Il n’y a aucun jugement à la Croix-Rouge. On vient quand on peut, et si l’on ne peut pas, ce n’est pas grave. Il n’y a que de la bienveillance. Mes enfants comprennent et admirent mon engagement. »
Humainement, Cindy confie que le bénévolat lui a appris à relativiser.
« Je sais désormais apprécier ce que j’ai. Un toit, un frigo plein, des vêtements propres, du chauffage… Des choses simples que l’on ne voit plus au quotidien. »
À ceux qui hésitent encore à franchir le pas, elle adresse un message sans détour :
« Le temps est une fausse excuse. Quand on veut, on peut. Alors, tout simplement, osez ! »
Un engagement sincère, discret et essentiel, à l’image d’une femme pour qui l’humain restera toujours au centre de tout.
« Le 115 : clé de voûte du service public, de la rue au logement »
Anne-Laure Bertacchini - directrice SIAO-115 du Var
À la tête du SIAO-115 du Var depuis avril 2024, Anne-Laure Bertacchini incarne un engagement de longue date au service des plus vulnérables. Forte de plus de vingt ans de carrière dans le secteur social au sein de l’association Itinova, elle pilote aujourd’hui, avec une équipe experte et mobilisée, un dispositif central de l’urgence sociale. Dans un contexte de précarité croissante à Toulon, elle revient sur le rôle stratégique du SIAO.
Pouvez-vous rappeler ce qu’est le SIAO et ses missions principales sur le territoire toulonnais ?
Les SIAO ont été créés en 2010 et sont présents dans chaque département. Pour le dire simplement, le SIAO est une plateforme unique départementale de régulation du dispositif d’accueil, d’hébergement et d’accompagnement vers l’insertion et le logement des personnes sans domicile (loi ALUR du 24 mars 2014, loi d’accès au logement et un urbanisme rénové).
Le SIAO du Var intervient donc sur l’ensemble du département et développe 4 grandes missions :
-
Recensement de l’offre et des demandes de logement et d’hébergement
-
Mise en réseau et coordination des acteurs concernés et plus particulièrement ceux de la veille sociale (accueils de jour, équipes mobiles, permanences d’accès aux soins de santé…).
-
Gestion du 115, ligne d’urgence des sans abri
-
Observation sociale
Comment est-il financé ?
Il est essentiellement financé par la DDETS du Var (Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités) et piloté au niveau national par la DIHAL (Délégation Interministérielle pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées). La particularité de nos interventions sur la métropole TPM vient du fait qu’elle est un territoire de mise en œuvre accélérée du logement. A ce titre, cela permet d’engager de nombreuses actions et d’assurer une coopération très étroite avec un financement de la métropole, pour soutenir nos missions.

Qui sont les membres de votre équipe ?
Celle-ci est constituée de travailleurs sociaux avec, pour certains d’entre eux, des fonctions spécifiques de coordination, d’écoutants 115, d’un statisticien, de fonctions support (RH, gestion financière, démarche qualité …), d’une cheffe de service et de moi-même.
Quel type de public accompagnez-vous au quotidien ?
L’équipe sociale assure l’attribution des places pour les demandeurs sans domicile ou mal logés. Leur profil est très hétérogène : de tout âge, isolé ou en famille, victime de violence intrafamiliale ou conjugale, en errance depuis un certain temps, sans famille ou en rupture, avec des problèmes de santé, d’addictions, plus ou moins éloigné de l’emploi…
Quelles sont les spécificités ou les difficultés propres au territoire varois ?
S’agissant des réalités locales, nous constatons :
-
une tension du marché locatif
-
un accès au logement des jeunes adultes compliqué du fait de cette tension et des faibles revenus ou l’absence de revenus
-
un poids très important des résidences secondaires et plus particulièrement sur le littoral
-
une demande de logement social insatisfaite
Avez-vous constaté une évolution des besoins ces dernières années ?
Comme au niveau national, les besoins ne cessent de croître et s’accélèrent depuis la sortie du COVID, avec une hausse des personnes à la rue et des demandes non pourvues.
En 2024, le 115 a reçu 106 567 appels et le service a instruit 19 584 demandes. Nous observons également d’une part, un rajeunissement des demandeurs sur l’ensemble du département et d’autre part, un vieillissement de la population avec la perte d’autonomie que cela entraîne. La question de la santé mentale est aussi au cœur des problématiques. En réponse à ces constats, l’équipement varois s’est nettement amélioré : des places supplémentaires ont été créés dans le département, un certain nombre de projets innovants ont vu le jour pour apporter des solutions, y compris aux jeunes en matière de logement, d’hébergement et d’accompagnement.
Le SIAO travaille avec de nombreux partenaires associatifs et institutionnels : comment s’organise cette coopération au quotidien ?
Le SIAO a un enjeu de performance sociale à relever. Pour cela, il s’appuie sur :
-
un pilotage rapproché de l’Etat dans la mise en œuvre d’actions et la mesure de leur impact (feuille de route, indicateurs de réalisation, évaluation analysée)
-
un pilotage élargi au travers d’un comité stratégique partenarial
-
une convention tripartite (Responsabilité partagée Etat - SIAO- Opérateurs)
Quels sont aujourd’hui les principaux défis à relever pour continuer à répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables ?
Les principaux défis sont très bien identifiés par le plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées (PDALHPD 2024 – 2030), piloté conjointement par l’Etat et le Département, avec des actions autour de l’accès au logement, de la prévention des expulsions, l’accompagnement, l’habitat indigne, la précarité énergétique… J’invite vos internautes à lire le bilan à mi-parcours du deuxième plan quinquennal pour le Logement D’abord édité par la DIHAL, il démontre que cette politique fonctionne. Malgré une crise du logement sans précédent, un nombre croissant de demandeurs et la précarisation accrue des personnes, le Logement D’abord fait aujourd’hui consensus par son utilité et son efficacité.
LE PLAN HIVER DU VAR
Mis en place depuis le 1er novembre par la Préfecture du Var, il comprend deux niveaux d’alerte :
En cas de températures comprises entre -1° et -4°
- 2 accueils la nuit (7 places en file active sur l’agglomération de Hyères et 10 places à destination des femmes seules à Toulon),
- 5 salles paroissiales et associatives supplémentaires (44 places),
- mises à l’abri hôtelières complémentaires grâce à un partenariat entre le SIAO-115 du Var et 11 hôtels garantissant un accueil digne et de qualité,
- l’ouverture des 8 accueils de jour avec des extensions horaires et d’un tiers-lieu alimentaire pour les familles à la rue ou hébergées à l’hôtel.
Niveau 2 lorsque les températures sont inférieures ou égales à -5°, le plan Hiver prévoit :
- une intensification des maraudes effectuées par les équipes mobiles et les bénévoles.
- la mobilisation d’un médecin coordinateur sur Toulon, dont la mission est de coordonner le parcours de soins des personnes vivant à la rue en lien avec les professionnels de la santé.
- l’intervention du SMUR dans le cadre de la régulation médicale du centre 15 suite à signalement au 15, 18 ou 112.
Si une personne refuse d’être mise à l’abri, alors qu’elle semble en danger, il appartient aux agents entrés à son contact d’user de toute leur persuasion et en cas d’échec, de prévenir le Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) qui activera les moyens de secours adaptés à une prise en charge.
L’obligation d’assistance à personne en danger qui impose, le cas échéant, de faire hospitaliser une personne avec ou sans son consentement, sera appréciée par les acteurs de terrain en lien avec le médecin régulateur du SAMU.
Le dispositif hivernal s’appuie également sur la vigilance de tous. Toute personne qui identifie une personne sans-abri en difficulté ou en danger dans la rue doit, durant cette période, appeler le 115, numéro d’appel gratuit et accessible 24h/24, 7j/7 pour signaler la situation à un écoutant qui se mettra en relation avec les équipes mobiles.


.png)
