Fin d'année : les bons réflexes fiscaux


31 octobre 2026

À l'approche de la clôture des comptes, les dirigeants de TPE et PME disposent encore de plusieurs leviers pour optimiser leur résultat. Mais attention aux fausses bonnes idées ! Pour Éco d’Ici, Bruno Dartiguenave, expert-comptable, livre ses conseils pour préserver sa trésorerie et préparer sereinement 2027.

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Bruno Dartiguenave, expert-comptable - Président du Groupe BCDA © Conrad Eberhaerd 

À quelques semaines de la fin de l'année, quels réflexes adopter pour anticiper sa clôture ?

Le premier réflexe, c'est de ne pas attendre le bilan pour connaître son résultat. Dès novembre, je conseille de faire un point avec son expert-comptable, à partir des chiffres à fin octobre, pour estimer le résultat annuel. Sans cette estimation, toute optimisation se fait à l'aveugle.

« Dépenser un euro pour économiser 25 centimes d'impôt, cela reste une perte de 75 centimes. »

Il faut également relancer les impayés, vérifier les stocks, rassembler les justificatifs et surveiller le calendrier fiscal. Le dernier acompte d'impôt sur les sociétés intervient le 15 décembre. Si l'année est moins bonne que la précédente, il est possible, sous certaines conditions, de le réduire pour soulager la trésorerie.

Investir avant le 31 décembre réduit-il vraiment le résultat imposable ?

C'est une idée reçue très répandue ! Un investissement ne se déduit généralement pas en une seule fois. Il s'amortit sur plusieurs années, à partir de sa mise en service. Une machine achetée le 28 décembre ne génère donc que quelques jours d'amortissement, alors que la trésorerie est immédiatement mobilisée.

Certains petits équipements peuvent être déduits directement et des dispositifs particuliers existent. Mais le bon réflexe reste d'investir parce que l'entreprise en a besoin, pas uniquement pour payer moins d'impôt. Acheter un véhicule surdimensionné pour des raisons fiscales est rarement une bonne affaire.

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Rémunération, primes, provisions : quels leviers peut-on encore actionner ?

Plusieurs possibilités existent. Pour le dirigeant, l'arbitrage entre rémunération et dividendes dépend de son statut, de sa situation personnelle et de sa protection sociale. Une rémunération complémentaire peut être déductible du résultat, mais elle entraîne aussi des cotisations sociales et une imposition personnelle.

Pour les salariés, la prime de partage de la valeur, l'intéressement ou l'épargne salariale peuvent être intéressants, sous réserve de respecter les conditions applicables.

Enfin, certaines provisions peuvent réduire le résultat : créance douteuse, litige ou stock invendable. Mais elles doivent correspondre à un risque réel, probable, chiffré et justifié. On ne peut pas provisionner artificiellement pour réduire son bénéfice.

Faut-il parfois accepter de payer davantage d'impôt pour préserver sa trésorerie ?

Oui, très clairement ! Je le répète souvent : dépenser un euro pour économiser 25 centimes d'impôt, c'est perdre 75 centimes. Une dépense inutile ne devient jamais rentable parce qu'elle est déductible.

Pour les PME éligibles, l'impôt sur les sociétés est de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis de 25 % au-delà. Un bénéfice renforce aussi les fonds propres et rassure les partenaires financiers.

Dans le Var, où de nombreuses activités sont saisonnières, notamment le tourisme, le commerce ou le BTP, préserver la trésorerie pour traverser l'hiver est souvent préférable à une dépense fiscale de dernière minute.

Quels sont vos trois conseils pour bien terminer 2026 et préparer 2027 ?

D'abord, rencontrer son expert-comptable avant le 31 décembre. C'est avant la clôture que les décisions restent possibles.

Ensuite, anticiper la facturation électronique. Les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis septembre 2026, et les TPE et PME devront en émettre à partir de septembre 2027.

Enfin, construire un prévisionnel 2027, même simple : chiffre d'affaires, charges, investissements et besoins de trésorerie. C'est indispensable pour anticiper plutôt que subir.

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