Éco d'Ici: La holding : un outil stratégique pour les entrepreneurs varois


30 avril 2026

De plus en plus d’entrepreneurs varois s’intéressent à la holding. Derrière ce terme parfois technique se cache un outil puissant de structuration, de financement et de transmission. Mais attention : sa mise en place répond à des questions précises. Décryptage avec Bruno Dartiguenave, expert-comptable et président du groupe BDCA.

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Bruno Dartiguenave ©Conrad Eberhaerd 

Qu’est-ce qu’une holding, concrètement ?

Une holding est une société dont la vocation principale est de détenir des participations dans d’autres sociétés. Autrement dit, elle exerce un droit de propriété sur le capital d’autres entités.

Elle ne produit pas nécessairement de biens ou de services : son rôle est de contrôler, piloter et organiser un groupe de sociétés.

On distingue généralement deux types de holdings :

       La holding passive, qui se limite à détenir des parts sans intervenir dans la gestion.

       La holding active (ou animatrice), qui joue un rôle stratégique dans la conduite des filiales.

Ce modèle permet aussi de bien séparer les activités d’un groupe, offrant une meilleure lisibilité pour les partenaires, investisseurs ou repreneurs.

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Nos entreprises varoises sont-elles nombreuses à opter pour ce type de structure ?

Dans le Var, comme ailleurs en France, le recours aux holdings progresse depuis une dizaine d’années.

Il existe sans doute un effet de mode — chaque dirigeant souhaitant « avoir sa holding » — mais la prudence reste de mise. Le fonctionnement d’un groupe structuré autour d’une holding répond à des règles strictes, parfois contraignantes.

Ce choix doit avant tout répondre à une logique économique ou patrimoniale, et non à une simple recherche d’optimisation fiscale ou sociale.

Quels sont les avantages d’une holding ?
La holding permet de structurer clairement les activités. Chaque filiale conserve son autonomie, ce qui facilite le pilotage et offre une meilleure lisibilité. Une activité peut ainsi être cédée indépendamment des autres.

Cela reste un outil de financement puissant
Grâce aux conventions de trésorerie, les flux financiers circulent au sein du groupe. La holding peut financer l’acquisition de nouvelles sociétés, notamment via des montages de type LBO (rachat avec effet de levier).
Les dividendes remontant à la holding bénéficient par ailleurs d’une fiscalité avantageuse dans le cadre du régime mère-fille.

La holding peut regrouper les fonctions transversales (direction, finance, ressources humaines) et mettre en place des dispositifs collectifs comme l’intéressement ou le PERCOI.

Un outil efficace pour la transmission ?
La holding facilite les opérations de cession ou de transmission, grâce notamment au régime des plus-values à long terme, au dispositif d’apport-cession, et au pacte Dutreil, qui permet, sous conditions, de réduire fortement les droits de transmission.


Fiscalement, elle permet de calculer l’impôt sur les sociétés à l’échelle du groupe, en compensant les bénéfices et les déficits entre filiales.

Attention car es mécanismes restent techniques et nécessitent un accompagnement par des professionnels.

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Comment mettre en place une holding ?

La première étape consiste à définir une stratégie claire, répondant à un objectif économique ou patrimonial précis.

Deux méthodes principales existent :

       Le rachat des titres des filiales par la holding, souvent financé via un montage bancaire de type LBO.

       L’apport de titres à la holding, après valorisation, avec l’intervention d’un commissaire aux apports et d’un avocat fiscaliste. Ce schéma est généralement plus souple car sans recours à l’emprunt.

Les pièges à éviter ?

Le principal risque est de céder à un effet de mode en créant une holding sans objectif clairement défini.

Ce type de montage implique des règles strictes, des coûts et des responsabilités qu’il faut parfaitement maîtriser. Une attention particulière doit être portée à l’endettement dans les opérations de LBO.

Autre point de vigilance : en cas de difficultés financières d’une filiale, une extension de procédure aux autres sociétés du groupe reste possible — un risque souvent sous-estimé.

Est-ce adapté à toutes les entreprises ?

Non, la holding est un outil puissant, mais elle doit répondre à des objectifs précis. Elle s’adresse en priorité aux dirigeants souhaitant structurer leur développement, organiser leur groupe, ou préparer une cession ou une transmission.

Conclusion

La holding n’est pas une fin en soi, mais un outil au service d’une stratégie.

Bien utilisée, elle permet de structurer un groupe, de financer sa croissance, d’optimiser la fiscalité, de protéger le patrimoine et de préparer la transmission. Mal maîtrisée, elle peut au contraire générer des coûts et des risques inutiles.

L’enjeu est donc simple : se poser les bonnes questions dès le départ — pourquoi créer une holding, pour quel objectif et à quel horizon ? — et s’entourer des bons conseils.

Dans un contexte où la transmission d’entreprise devient un enjeu majeur, notamment avec le départ progressif des dirigeants issus des baby-boomers, la holding s’impose comme un outil incontournable pour bâtir, transmettre et pérenniser son entreprise.

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