En Provence Verte, les arts ouvrent le dialogue sur la santé mentale


08 octobre 2026

Du 5 au 17 octobre, les Semaines d’information sur la santé mentale mobilisent dix communes de Provence Verte autour des arts et de la culture. Chantal Lassoutanie, vice-présidente de l’Agglomération en charge de la cohésion sociale, explique comment cette démarche entend rompre l’isolement, faire évoluer les regards et renforcer l’accompagnement des habitants.

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Chantal Lassoutanie, vice-présidente de l’Agglomération en charge de la cohésion sociale- photo copyright Lionel Barbe.

Pourquoi est-il important, pour l’Agglomération Provence Verte, de faire de la santé mentale un sujet de proximité et de cohésion sociale ?

 

Dès sa création, l’Agglomération Provence Verte a fait le choix de s’engager dans une politique de santé et d’en faire l’une de ses compétences.

Bien avant la crise du Covid et la reconnaissance de la santé mentale comme grande cause nationale, nos élus avaient déjà identifié les difficultés rencontrées par les habitants : manque de professionnels de santé, difficultés d’accès aux soins, isolement et méconnaissance des dispositifs d’accompagnement.

La santé mentale est l’affaire de tous. Elle peut toucher chacun d’entre nous, à tous les âges de la vie, et avoir des conséquences sur la vie familiale, professionnelle et sociale. Elle constitue donc un véritable enjeu de cohésion sociale.

Nous ne sommes ni médecins ni psychiatres, mais une intercommunalité peut jouer un rôle essentiel d’ensemblier : identifier les besoins, réunir les acteurs et favoriser des réponses adaptées aux réalités du territoire.

C’est tout le sens de notre Conseil intercommunal de santé mentale, qui fédère les acteurs sanitaires, médico-sociaux, sociaux, éducatifs, culturels et associatifs.

Les Semaines d’information sur la santé mentale (SISM) sont un temps fort de cette mobilisation, qui se poursuit tout au long de l’année.

 

2. Cette édition invite à « ouvrir nos portes aux arts ». Comment les pratiques artistiques et culturelles peuvent-elles favoriser le lien social et changer le regard sur les troubles psychiques ?

L’art et la culture sont de formidables leviers d’expression, de rencontre et de partage.

Ils permettent parfois d’exprimer ce que les mots ne parviennent pas à traduire, de renforcer la confiance en soi et surtout de créer du lien.

La culture permet également de regarder les personnes autrement qu’à travers leurs difficultés ou leur maladie, en valorisant leurs capacités, leur créativité et leur sensibilité. C’est une manière de faire évoluer les représentations et de lutter contre les préjugés.

Le thème de cette 37ᵉ édition, « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts », prend ainsi tout son sens.

À l’Agglomération, nous avons souhaité concrétiser cette démarche en ouvrant les portes de nos équipements culturels, notamment nos musées et notre Conservatoire intercommunal.

La mobilisation de nos équipes et de nos enseignants, aux côtés des patients et des professionnels, permet de créer des rencontres et des échanges qui n’auraient peut-être jamais eu lieu autrement.

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3. Avec 27 actions dans 10 communes, comment avez-vous construit une programmation capable de toucher des publics différents, notamment les personnes isolées ou éloignées de l’offre culturelle ?

 

Nous avons souhaité une programmation diversifiée, accessible et présente au plus près des habitants.

Les 27 actions réparties dans 10 communes témoignent de cette volonté de toucher l’ensemble du territoire, dont les réalités et les besoins sont parfois très différents.

Expositions, concerts, théâtre, ateliers, ciné-débats ou rencontres permettent de s’adresser à tous les publics : enfants, jeunes, familles, seniors, professionnels, mais aussi aux personnes isolées ou éloignées de l’offre culturelle.

Cette programmation est surtout le fruit d’un travail partenarial mené toute l’année dans le cadre de notre Conseil intercommunal de santé mentale, grâce notamment à l’engagement de son animateur, dont le poste bénéficie du soutien financier de l’ARS et de la CAF.

Plus de 20 porteurs d’actions et près de 60 partenaires participent à cette édition.

Je tiens particulièrement à saluer la mobilisation d’EPSY VAR, des communes et de l’ensemble des acteurs sanitaires, sociaux, médico-sociaux, éducatifs, culturels et associatifs.

C’est cette capacité à travailler ensemble qui fait toute la richesse des SISM en Provence Verte.

 

4. La nouveauté « Le Journal de Camille – Vers un nouveau Dép’Art » propose un parcours culturel participatif. Quel message souhaitez-vous transmettre aux habitants à travers l’histoire de ce personnage ?

 

Avec Le Journal de Camille, nous avons voulu proposer quelque chose de différent : un fil rouge qui relie les manifestations et invite les habitants à suivre une histoire tout au long des SISM.

Camille est un personnage fictif qui traverse une période de fragilité. Au fil des rencontres et des expériences artistiques, elle retrouve progressivement des ressources, crée du lien et sort de son isolement.

À chaque manifestation, les habitants découvrent une nouvelle page de son journal et avancent avec elle.

C’est une manière simple et concrète d’aborder la santé mentale, tout en donnant envie de découvrir d’autres manifestations, d’autres communes et d’autres lieux culturels.

À travers Camille, nous souhaitons transmettre un message essentiel : prendre soin de sa santé mentale, ce n’est pas seulement accéder à des professionnels de santé.. C’est aussi créer du lien, ne pas rester seul, retrouver des envies et prendre toute sa place dans la vie collective.

 

5. Au-delà de ces deux semaines de sensibilisation, comment cette mobilisation se prolonge-t-elle durant l’année, notamment grâce au Conseil intercommunal de santé mentale, et quelles sont vos priorités pour la suite ?

 

Les SISM constituent un temps fort, mais notre mobilisation se poursuit tout au long de l’année dans le cadre du Conseil intercommunal de santé mentale.

L’une de nos priorités est de donner aux élus, aux agents et aux professionnels du territoire des outils concrets pour mieux repérer, accompagner et orienter les personnes en difficulté.

Nous avons notamment élaboré un guide territorial recensant les structures de soins, les dispositifs d’accompagnement, les droits et les associations présents en Provence Verte. L’objectif est que chacun puisse savoir vers qui se tourner face à une situation de souffrance psychique.

Nous souhaitons également renforcer la prévention, avec une attention particulière portée aux jeunes.

C’est pourquoi nous envisageons, avec nos partenaires et notamment la CAF, d’engager une réflexion sur la création d’un Point écoute jeunes à l’échelle de la Provence Verte, afin de proposer une réponse adaptée aux besoins de notre territoire.

Notre ambition est de poursuivre la construction d’un véritable réseau territorial de prévention, d’écoute et d’accompagnement.

Parce que notre responsabilité est aussi de faire en sorte qu’aucun habitant confronté à des difficultés psychiques ne reste seul, sans savoir vers qui se tourner.

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La 37ᵉ édition des Semaines d’information sur la santé mentale se déroule du 5 au 17 octobre 2026, sur le thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ».

  • 27 actions dans 10 communes, dont 20 ouvertes à tous et 7 destinées à des publics ciblés.

  • Plus de 20 porteurs d’actions et près de 60 partenaires mobilisés.

  • Expositions, concerts, spectacles, ateliers et rencontres jalonnent cette édition, avec un parcours participatif inédit : « Le Journal de Camille – Vers un nouveau Dép’Art ».

  • Clôture le samedi 17 octobre à Carcès, à l’occasion de la Fête des Arts, avec le dernier chapitre du journal et une création artistique collective.

Le programme détaillé est disponible dans le livret SISM 2026 et sur les supports de communication de l’Agglomération Provence Verte.

Source : Agglomération Provence Verte.

Propos Conrad EBERHAERD