« Le Var a une carte essentielle à jouer dès 2026 »


11 février 2026

Nommé préfet du Var l’an dernier, Simon Babre incarne une nouvelle génération de hauts fonctionnaires attachés à l’action de terrain. Ce quadragénaire, reconnu pour son sens du dialogue et son pragmatisme, évoque un département à fort potentiel mais confronté à des enjeux majeurs en cette nouvelle année.

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Simon Babre_Prefet du var ©Conrad Eberhaerd

Simon Babre, directeur de cabinet du préfet du Var, vous êtes revenu dans le département comme préfet. Quel regard portez-vous sur un territoire que vous connaissez bien ? 

C’est un département doté d’un très fort potentiel. Beaucoup d’actions exemplaires y sont déjà menées à l’échelle nationale mais surtout, de grandes opportunités se dessinent. L’année 2026 sera déterminante. Elle marquera notamment la poursuite de la préparation de l’accueil du porte-avions de nouvelle génération dans la rade de Toulon, un projet confirmé par le président de la République en décembre dernier. Le Var dispose d’un potentiel considérable dans le domaine des industries de défense, dans le cadre de la loi de programmation militaire et du réarmement national. Si l’ensemble des forces vives du territoire, élus, acteurs économiques, bailleurs sociaux, associations, avancent collectivement, le Var a toute sa place dans les grandes dynamiques nationales à venir.

 

Au-delà de la défense nationale, quels enjeux pour 2026 ?

Les projets d’infrastructures sont nombreux. Nous allons franchir une étape importante avec la création d’une société portuaire qui offrira au port de commerce de Toulon une visibilité et une capacité d’investissement à long terme. Il y a aussi les travaux ferroviaires qui permettront de tenir l’engagement d’un TER toutes les quinze minutes entre Saint-Cyr et Carnoules. À cela s’ajoutent des projets majeurs en matière de mobilité et de multimodalité.

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Quel rôle l’État doit-il jouer aux côtés des collectivités ?

Ce qui frappe immédiatement dans le Var, c’est la permanence des risques naturels. En 2025, le département a été placé sous vigilance météo jaune ou orange pendant près d’un tiers de l’année. Précipitations intenses, ruissellements, inondations, feux de forêt, submersions marines : ces risques sont présents en été comme en hiver et sont accentués par le dérèglement climatique. Cette réalité impose à l’État, comme à l’ensemble des décideurs publics, d’accélérer dans le domaine de la prévention. Nos dispositifs doivent évoluer, car certains phénomènes extrêmes dépassent désormais les cadres connus. La mise à jour des plans de prévention des risques, des plans communaux de sauvegarde et des dispositifs départementaux est absolument essentielle.

 

Vous avez occupé de nombreux postes au Ministère de l’Intérieur, vous êtes donc sensible à la sécurité dans notre département…

La sécurité est le second pilier de l’action de l’État. Garantir la sécurité de tous, partout et à tout moment, est une priorité. La lutte contre le narcotrafic est au cœur de cette action. Depuis la loi de juin dernier, j’ai prononcé quarante interdictions de paraître, y compris dans des communes rurales. La lutte contre la fraude est aussi un enjeu majeur. J’ai demandé à six reprises des expulsions locatives auprès de bailleurs sociaux et ordonné la fermeture de quatre commerces. La fraude fragilise notre modèle social et crée des distorsions de concurrence. En 2025, soixante-deux établissements ont été fermés dans le Var pour des fraudes touchant au droit du travail, au droit du séjour, à l’origine des produits ou encore aux règles de sécurité. Protéger les consommateurs, les salariés et les citoyens est une mission fondamentale de l’État.

 

Vous êtes souvent présenté comme un préfet de “nouvelle génération”. Quelle est votre méthode avec les élus ?
Je ne sais pas si je suis particulièrement jeune, mais je crois profondément au dialogue et au contact de terrain. Personne ne détient la vérité absolue et l’action administrative doit être adaptée aux réalités locales. Les enjeux de risques naturels, de biodiversité ou d’aménagement ne sont pas les mêmes dans le Var méditerranéen que dans la Normandie où j’exerçais auparavant. Écouter, comprendre, s’approprier les dossiers est indispensable pour agir efficacement. Mais l’État dispose aussi de prérogatives propres, notamment en matière de police administrative. Il est de mon devoir de les exercer lorsque c’est nécessaire. Ce sont des outils puissants, qui produisent rapidement des effets concrets lorsqu’ils sont mobilisés à bon escient.

Propos - Conrad EBERHAERD