30 avril 2026
Figure incontournable du sport automobile dans le département, Jean-Charles Santoni consacre, depuis plus de trente ans, son énergie aux rallyes varois. À la tête de l’ASAC* du Var, il fait vivre des épreuves emblématiques comme le rallye du Pays des Maures à Gonfaron dont la 20e édition se déroulera les 22 et 23 mai. Entre passion née sur les routes sinueuses du territoire, engagement bénévole, exigences de sécurité et défis d’organisation, il revient sur un parcours guidé par l’amour du sport automobile. Il livre aussi son regard sur l’avenir de la discipline dans le Var, son potentiel de développement et l’attachement du public à ces événements spectaculaires.
Votre passion pour le rallye remonte à quand ?
J’ai commencé très tôt. Ma première course, c’était le Rallye du Var en 1988. J’étais le plus jeune engagé, j’avais 18 ans et à peine quelques mois de permis (rires). J’ai toujours aimé les voitures, même si cet univers était étranger à ma famille où l’on parlait plutôt de boulangerie-pâtisserie. Mais j’ai toujours eu envie de conduire. Dès que j’ai eu mon permis, je me suis lancé directement dans le grand bain. J’ai roulé jusqu’en 1999-2000, puis j’ai arrêté. Mais la passion est restée. Un jour, avec Alain Mahé**, on a commencé à créer un podium pour améliorer l’arrivée du rallye, pour apporter de l’animation. Et petit à petit, je suis entré dans l’organisation.

Jean Ortelli & Michel Hennebelle - 65èmes du Rallye du Var 1977 (photo FB)
C’est comme ça que vous êtes passé de pilote à organisateur ?
Exactement. On a commencé avec ce podium, puis on a créé tout un événementiel autour du rallye. Et de fil en aiguille, je me suis investi jusqu’à devenir président de l’ASAC du Var. C’est une association affiliée à la Fédération Française du Sport Automobile. On compte environ 200 licenciés : pilotes, copilotes, commissaires, officiels… et une quinzaine de personnes au comité d’organisation.
Quel regard portez-vous sur l’évolution du rallye dans le Var ?
Le principal défi aujourd’hui, c’est le renouvellement des bénévoles. Sur un Rallye du Var, on mobilise environ 450 personnes. Ce sont souvent des passionnés, mais ils vieillissent, donc on essaie d’attirer des jeunes. Du côté de la sécurité, nous sommes très encadrés, elle est devenue primordiale. On doit respecter un cahier des charges strict. On ne peut pas tout faire, mais on essaie d’améliorer sans cesse l’expérience.

Photo ©F Bernardi
Justement, comment concilier spectacle et sécurité ?
Avec beaucoup de moyens : commissaires, radios, équipes médicales, zones sécurisées… Mais on ne peut pas tout contrôler. On compte aussi sur le respect du public. Sans ça, une spéciale peut être annulée.

Commissaire de courses - photo FB - FFSA
La montée du Mont Faron a marqué les esprits récemment…
Oui, on l’a relancée après plus de 30 ans. C’est une spéciale mythique, avec un cadre exceptionnel. Elle a eu un énorme impact, notamment en images. C’est l’un des plus beaux spots en France. La route est très technique, proche de ce qu’on peut trouver en Corse. Et puis le décor, avec la rade de Toulon en toile de fond, c’est spectaculaire pour les pilotes comme pour le public.
Parlons du Rallye régional du Pays des Maures, qui se déroulera les 22 et 23 mai, l’épreuve fêtera ses 20 ans…
C’est un rallye régional, plus accessible. Il se déroule sur une journée, avec environ 40 km de chrono. C’est moins coûteux pour les pilotes et très pratique.
Quel est son intérêt sportif ?
Il reprend des spéciales mythiques comme Gonfaron et Pignans. C’est une excellente préparation pour les pilotes régionaux, notamment pour la Coupe de France.
Et pour les communes ?
C’est très positif. Il y a des retombées économiques pour les commerces, les restaurants. Et ça anime les villages.

Organiser un rallye, cela représente du travail ?
C’est quasiment une activité à l’année. On travaille 11 mois sur 12, avec une vingtaine de réunions par an. Entre les dossiers administratifs et la logistique, c’est énorme.
Qu’est-ce que cette passion vous a apporté personnellement ?
Beaucoup de rencontres. Aujourd’hui, j’ai la chance de connaître des pilotes comme François Delecour ou Sébastien Loeb. Quand on était jeune, on les regardait avec admiration.
C’est une passion coûteuse ?
Quand on est pilote amateur, oui. Aujourd’hui, en tant qu’organisateur, ça nous coûte surtout du temps. Mais c’est un vrai plaisir.
Il existe un public “rallye” dans le Var ?
Oui, et c’est une force ! Contrairement à d’autres disciplines, tout le monde peut venir voir une spéciale, c’est gratuit. Et du côté des pilotes, 80% des engagés sont des amateurs. À l’ASAC du Var, nous recensons environ 200 licenciés C’est un sport ouvert à tous, à condition de respecter les règles.
*ASAC : Association Sportive Automobile Club du Var
**Alain Mahé : copilote de rallye automobile français, il a obtenu à plusieurs reprises le Trophée des coéquipiers en Championnat de France des rallyes. Ancien président d'ASA (Association Sportive Automobile), vice-président de la FFSA, responsable de la commission fédérale sur les rallyes, ancien président de la commission fédérale des véhicules historiques, président du comité régional PACA, il est le directeur de course du Rallye du Var.
Le Rallye régional du Pays des Maures, à Gonfaron et Pignans, les 22 et 23 mai








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