E.V.E, lève-toi !


31 mars 2026

Lancé il y a six mois par l’Union Patronale du Var, le collectif E.V.E (Entrepreneuses varoises engagées) vise à féminiser les instances dans notre département. Patricia Lassault est à la tête de la branche féminine de la CPME (Confédération des PME du Var) et prépare les femmes à briguer des postes à responsabilité dans la sphère économique varoise. 

Patricia Lassault, qui êtes-vous ?

Je suis assureur, installée à Toulon depuis plus de trente ans. J’ai toujours été une femme d’engagement. J’aime être active, que ce soit au sein des sociétés que je représente ou dans les institutions depuis maintenant plus de dix ans. L’engagement fait partie de mon ADN.

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Lancement officiel du collectif E.V.E. le 12 septembre 2025 à Bandol. 

En haut (de g. à dr.) Ambre Mingaz en charge de la communication, Valérie Marrone présidente de la commission consacrée aux mandats, et Marie-Christine Bossard en charge du volet art et culture entourent les fondatrices Claire Rouyer (en charge de la branche féminine du MEDEF) et Patricia Lassault.  

Comment est née l’idée d’E.V.E. ?


L’idée est partie de la branche féminine de l’UPV dont l’objectif est de favoriser la prise de mandat. Concrètement, ce collectif E.V.E. réunit à la fois les femmes du MEDEF réprésentée par Claire Rouyer, Avocate et Valérie Marrone, les femmes de la CPME. Nous ne sommes pas un réseau d’aide à la création d’entreprise mais un cercle d’influence au féminin. Et l’influence économique, concrètement, c’est la prise de mandat ! Être présente là où les décisions se prennent : aux Prud’hommes, au Tribunal de commerce, à l’URSSAF, à la CPAM, à l’APEC, dans les commissions paritaires... La prise de mandat est notre fil rouge.

Comment préparez-vous les femmes à occuper ces postes ? 

Nous travaillons à identifier les profils, à bâtir un plan de formation du mandataire, à expliquer ce qu’implique réellement l’exercice d’un mandat : responsabilité, pouvoir d’influence, capacité d’action. Nos groupes de travail seront mixtes car ce ne sont pas des sujets exclusivement féminins. Nous voulons créer un lien entre celles qui ont osé et celles qui doutent encore. Les acculturer au mandat, leur faire comprendre qu’un mandat, c’est du pouvoir, et que ce pouvoir doit être exercé avec compétence et conscience.

Le collectif grandit-il depuis sa création ?

Oui. Par définition, toute femme chef d’entreprise adhérente à l’Union Patronale du Var est une E.V.E. Ensuite, certaines participent à nos réunions, en parlent autour d’elles, et le cercle s’élargit. Depuis plusieurs mois, nous avons un noyau fidèle, devenu presque “addict”, et d’autres femmes nous rejoignent progressivement en trouvant du sens dans notre action.

Quels freins rencontrez-vous aujourd’hui ?

Le principal frein, c’est la confusion. On nous prend parfois pour un simple réseau féminin. Or, nous ne sommes pas là pour organiser uniquement des rencontres conviviales ou caritatives. Nous sommes un cercle d’influence économique. Alors parfois, on nous prend encore à la légère. On se dit : “C’est bien, c’est moderne d’avoir un groupe de femmes.” Mais on ne s’attend pas à la structuration très professionnelle que nous mettons en place. Nous travaillons de manière carrée, exigeante. Et nous y intégrons aussi l’art et la culture, parce que l’économie n’est pas cloisonnée. Nous étions au Théâtre Liberté, nous serons prochainement au Casino JOA pour une exposition. Les artistes font partie de l’économie varoise. Mais c’est sûr que si on nous prenait au sérieux plus vite, nous gagnerions du temps.

Il reste encore beaucoup de chemin pour arriver à la parité ? 

Il reste toujours à faire et ça dépend des secteurs. Le risque serait de croire que la bataille est gagnée. En réalité, il faut rester vigilantes. Les acquis peuvent s’éroder insidieusement. Mais attention ! Ce n’est pas un combat contre qui que ce soit. C’est simplement prendre sa place. Il y a quelques années, la parité a parfois conduit à remplacer des hommes compétents par des femmes insuffisamment préparées. Être née femme n’est pas un gage automatique de compétence. Ce constat, il faut l’assumer. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement d’être présentes. C’est d’être formées, professionnalisées, préparées aux responsabilités.

Les rendez-vous de E.V.E. : “UN CERCLE D’INFLUENCE AU FEMININ”

  • Avril : Participation à l’événement « Les compositrices oubliées »

  • Printemps 2026 : Visite des travaux de l’Opéra de Toulon

  • Rencontre thématique : Financement des chefs d’entreprise (dans une concession automobile du département)

  • 3 juin 2026 : Soirée de gala champêtre de clôture de saison