Le mimosa, l’or jaune qui fait vivre le massif de Tanneron

Fleur emblématique du Var, le mimosa façonne les paysages et l’identité du massif de Tanneron depuis plus d’un siècle. À l’occasion du lancement de la saison 2026 de la Route du Mimosa, Michel Lovera, mimosiste et président du Syndicat des exploitants agricoles de Tanneron, revient sur l’histoire, les enjeux et l’avenir d’une filière aussi fragile que précieuse.

 

Var Infos : Le mimosa est-il plus qu’une fleur ici ?
Michel Lovera :
Oui, clairement. C’est un emblème, l’âme du territoire. Il symbolise cette couleur jaune éclatante qui apporte le soleil en plein hiver. Quand le ciel est gris et que l’on arrive sur le massif, voir ces collines jaunes donne l’impression que le soleil remonte de la terre.

Var Infos : Quelle est l’origine du mimosa dans le Var ?
Michel Lovera :
Le mimosa est originaire d’Australie. Il a été introduit par des voyageurs avant d’être implanté ici. Des familles ont ensuite développé la culture, créé des variétés et lancé la fleur coupée. À une époque où l’offre florale hivernale était très limitée, le mimosa permettait à la fois de générer un revenu agricole et d’apporter de la couleur chez les fleuristes.

Michel Lovera ©Conrad Eberhaerd

Var Infos : Combien compte-t-on aujourd’hui de mimosistes ?
Michel Lovera :
Sur la commune de Tanneron, on recense environ 80 exploitants agricoles, dont près de 60 mimosistes. La plupart associent cette activité à la culture de l’eucalyptus. À Pégomas et Mandelieu, ils sont désormais moins d’une dizaine.

Var Infos : Que peut-on attendre de la saison 2026 ?
Michel Lovera :
Elle sera bien meilleure pour les producteurs. L’an dernier, nous avions connu des problèmes d’avortement des boutons à l’automne. Cette année, la qualité est là, le produit est très beau. Pour le tourisme, il n’y a jamais d’inquiétude : du mimosa, il y en aura toujours à voir.

Var Infos : La filière reste-t-elle fragile ?
Michel Lovera :
Oui, comme beaucoup de filières agricoles. Nous subissons notamment la concurrence italienne. Une partie de notre production est transformée ailleurs, puis remise en concurrence sur notre propre marché, avec des règles fiscales différentes. Il est difficile de lutter à armes égales.

Var Infos : L’avenir est-il assuré ?
Michel Lovera :
Heureusement, oui. À Tanneron, de nombreux jeunes, souvent issus de familles de mimosistes, reprennent les exploitations. Au sein du syndicat, je m’efforce de porter la voix de cette petite filière, de la faire reconnaître et d’accompagner ces installations.

Var Infos : La promotion du mimosa est-elle suffisante ?
Michel Lovera :
Elle progresse fortement. Télévision, presse écrite, réseaux sociaux : la visibilité est réelle. Le lien entre fleur coupée et tourisme est essentiel. Un visiteur qui découvre nos paysages et notre savoir-faire ici fera naturellement le lien lorsqu’il verra un bouquet chez un fleuriste, même à l’autre bout de l’Europe. Le mimosa devient ainsi un véritable ambassadeur du Var.

MANIFESTATIONS À VENIR

 

BORMES-LES-MIMOSAS

14 et 15 Février CORSO FLEURI

Créé en 1920, c'est le plus ancien Corso de la Côte d’Azur ! 12 tonnes de brins jaunes et plus de 80 000 fleurs fraiches pour une dizaine de chars sous une thématique qui sera gardée secrète jusqu’au jour du défilé !

 

24 et 25 Février MIMOSALIA

LE RAYOL-CANADEL

Février/Mars  VISITES DU DOMAINE DU RAYOL, le Jardin des Méditerranées

 

SAINT-RAPHAËL

 7 et 8 Mars  CARNAVAL des Enfants, parade nocturne et grande parade de Carnaval en bord de mer