Natif Festival à Hyères : trois jours dans la nouvelle dimension

À quelques heures de l’ouverture du Natif Festival, du 21 au 23 août à l’hippodrome de Hyères, Arnaud Marchand, organisateur, et Véronique Bernardini, maire de Hyères, ont présenté ce jeudi 20 août une édition qui change clairement d’échelle : quatre scènes, 80 artistes, une jauge portée à 6 550 festivaliers et une ambition désormais nationale.

À l’hippodrome de Hyères, les derniers préparatifs sont en cours. Dès ce vendredi 21 août et jusqu’au dimanche 23 août, le Natif Festival va retrouver son public pour trois soirées qui marquent une nouvelle étape dans son développement.

Lors de la conférence de presse organisée jeudi 20 août en mairie de Hyères, Arnaud Marchand, organisateur du festival, et Véronique Bernardini, maire de Hyères, ont détaillé les contours d'une édition beaucoup plus ambitieuse.

Quatre scènes, 80 artistes et 70 % de locaux

Premier changement particulièrement visible : le Natif Festival passe cette année de deux à quatre scènes et accueille 80 artistes.

Mais derrière la montée en puissance de la programmation, l'organisation revendique toujours un fort ancrage territorial. Près de 70 % des artistes programmés sont locaux, principalement varois.

« On est très fiers de ça », souligne Arnaud Marchand, qui insiste également sur la professionnalisation progressive de l'organisation.

Le festival dispose désormais d'une équipe dédiée et travaille avec une vision à quatre ou cinq ans. L'objectif n'est plus seulement d'organiser trois soirées musicales, mais de construire une véritable expérience autour de l'événement.

« On aimerait arriver dans le top 10 des meilleurs festivals de France »

L'ambition est clairement affichée.

« Si la Ville nous accompagne et a cette volonté partagée, on aimerait arriver dans le top 10 des meilleurs festivals de France », annonce Arnaud Marchand.

Une progression qui devra cependant rester maîtrisée. Avec 6 550 festivaliers par soir, auxquels s'ajoutent les équipes pour atteindre environ 7 000 personnes présentes sur le site, le festival approche des limites de sa jauge actuelle.

Pour Véronique Bernardini, l'évolution future devra donc également se penser autrement : en améliorant encore le contenu et l'expérience proposée à l'intérieur du festival.

Un festival pensé comme une expérience

Le nouveau plan du site traduit cette volonté. Davantage d'animations, de nouveaux espaces, des partenaires locaux, des zones consacrées notamment au sport, aux bijoux, à la coiffure ou encore au tatouage viennent compléter la programmation musicale.

« On n'a pas la volonté que ce festival soit simplement une scène avec quatre food trucks autour », résume Arnaud Marchand.

L'accessibilité fait également partie des évolutions de cette édition, avec une zone PMR dédiée, équipée notamment d'un ascenseur, ainsi qu'une formation des bénévoles à l'accompagnement des personnes en situation de handicap assurée par l'UFOLEP.

Arnaud Marchand, responsable du Natif festival © Conrad Eberhaerd 

79 % du public vient du Var

Le Natif Festival grandit, mais reste pour l'instant profondément ancré dans son territoire.

Les données issues de la billetterie indiquent que 79 % des festivaliers sont varois, dont environ 20 % originaires de Hyères. La tranche des 26-40 ans représente à elle seule 51 % du public, tandis que les 18-25 ans pèsent environ 24 %.

Un profil qui correspond au positionnement recherché par l'organisation.

Mais le festival commence aussi à attirer au-delà du département. La maire de Hyères souligne l'arrivée de visiteurs qui viennent désormais spécialement pour l'événement, avec des retombées qui commencent à se faire sentir notamment auprès des hébergeurs et plus largement dans l'économie locale.

Sécurité incendie : un dispositif renforcé

Dans un été particulièrement sensible au risque incendie, la sécurité constitue l'un des grands enjeux de cette édition.

La Ville a engagé un important travail sur la pinède située autour du site. Environ 100 000 euros ont été consacrés à son nettoyage et à son élagage, une opération menée pendant près de deux mois. Selon Véronique Bernardini, les dernières traces d'une intervention de cette ampleur remontaient à environ quinze ans.

Arrosage de la pinède, interdiction de fumer dans cette zone, présence du CCFF, moyens de secours, bénévoles et agents de sécurité : le dispositif a été renforcé après plusieurs réunions entre organisateurs, Ville, préfecture et services de secours.

Le stationnement lui-même a été pensé pour limiter les risques de propagation en cas de départ de feu, avec une organisation des véhicules par groupes.

Le bruit également sous surveillance

Autre sujet sensible pour un festival de cette ampleur : les nuisances sonores.

L'organisation assure avoir rencontré les riverains en amont et annonce l'installation cette année d'un sonomètre avec afficheur permettant de suivre le niveau sonore en direct. Les relevés seront également enregistrés.

« Tous les rapports sont au vert », indique Arnaud Marchand concernant les différents contrôles techniques réalisés avant l'événement.

Un budget proche de 900 000 euros

Cette montée en gamme a évidemment un coût. Le budget annoncé pour cette édition approche 900 000 euros, soit près de 40 % de plus que l'année précédente.

Arnaud Marchand espère parvenir à l'équilibre, tout en reconnaissant que celui-ci n'est pas encore assuré.

À terme, l'enjeu est clair : le festival doit parvenir à trouver son propre modèle économique et ne plus dépendre financièrement de la marque Natif qui l'a accompagné dans son développement.

La Ville accompagne de son côté l'événement par la mise à disposition du site, les moyens de sécurité et différentes prestations. Véronique Bernardini évoque un accompagnement global auquel s'ajoute l'investissement réalisé cette année dans la pinède. Entre 17 et 20 policiers municipaux doivent notamment être mobilisés autour de l'événement.

Catherine Politi Pische, adjointe à l’évènementiel, Arnaud Marchand, responsable du Natif festival et Véronique Bernardini, maire de Hyères © Conrad Eberhaerd

Trois jours pour confirmer

À quelques heures de l'ouverture, un facteur reste cependant impossible à maîtriser : la météo.

« C'est le seul stress qu'on a sur l'événement », reconnaît Arnaud Marchand, rappelant combien une annulation peut fragiliser financièrement un festival.

Côté billetterie, des places restaient encore disponibles au moment de la conférence de presse, notamment pour le vendredi. L'organisation se montrait en revanche particulièrement confiante pour le samedi et surtout le dimanche, porté par plusieurs têtes d'affiche dont Mozimann et Yann Muller.
Après plusieurs années de développement, le Natif Festival semble donc entrer dans une nouvelle phase. Plus grand, plus structuré et toujours très varois, il assume désormais une ambition qui dépasse largement Hyères.

Du 21 au 23 août, ce sera au public de confirmer cette nouvelle dimension.

Le site du festival ici