Incendies dans le Var : Jean-Louis Masson appelle à « changer radicalement de méthode »

Après un été marqué par de violents incendies, le président du Conseil départemental du Var appelle , dans un communiqué de presse, à renforcer l’entretien des massifs et à simplifier les procédures encadrant les interventions en forêt. Jean-Louis Masson défend une politique de prévention plus ambitieuse, fondée sur la gestion régulière de la végétation et une meilleure écoute des acteurs de terrain.

Jean-Louis Masson Président du Conseil Départemental du Var (ag) © Conrad Eberhaerd

« Combien d’hectares faudra-t-il encore voir partir en fumée avant que nous acceptions de regarder la réalité en face ? » Dans un communiqué publié le 2 septembre, Jean-Louis Masson interpelle les pouvoirs publics sur la gestion des forêts et la prévention du risque incendie.

Le président du Conseil départemental du Var évoque quelque 7 000 hectares de forêt parcourus par les flammes et rappelle les conséquences humaines, économiques et environnementales de ces catastrophes : habitations détruites, exploitations agricoles touchées, populations évacuées et paysages durablement endommagés.

Pour l’élu, une part importante de la lutte contre les incendies doit se jouer bien avant l’apparition des premières flammes.

Entretenir davantage les massifs

Jean-Louis Masson appelle à la mise en œuvre d’un véritable plan de gestion des forêts varoises. Parmi les mesures avancées figurent l’entretien régulier des massifs, la réouverture et le maintien des pistes d’accès pour les secours, le développement de coupures agricoles entre les zones boisées ainsi que le renforcement du débroussaillement.

Il souhaite également faciliter, dans un cadre maîtrisé, le ramassage et l’évacuation du bois mort afin de réduire la quantité de végétation susceptible d’alimenter les incendies.

« La prévention doit devenir une politique publique à part entière », affirme le président du Département, qui invite à mieux prendre en compte l’expérience des forestiers, des agriculteurs, des propriétaires, des élus locaux et des sapeurs-pompiers.

Des procédures jugées trop complexes

Le communiqué comporte également une critique directe des contraintes administratives qui encadrent les interventions dans les espaces naturels. Selon Jean-Louis Masson, les élus, propriétaires et gestionnaires forestiers se heurtent encore trop souvent à des procédures nationales ou européennes qui peuvent retarder certaines opérations.

L’élu estime que l’entretien des forêts ne doit pas être considéré comme contraire à la protection de l’environnement. Il rejette ainsi ce qu’il qualifie de logique de la « forêt sous cloche », dans laquelle toute intervention humaine serait envisagée avec méfiance.

« Une forêt qui brûle n’est plus un refuge pour la biodiversité », souligne-t-il, appelant à rechercher un meilleur équilibre entre protection des espèces, entretien des espaces boisés et sécurité des populations.

Le débat sur la gestion forestière relancé

Cette prise de position intervient dans un département particulièrement exposé au risque incendie. Chaque été, les sapeurs-pompiers, les communes, les services de l’État et les collectivités sont mobilisés pour surveiller les massifs, prévenir les départs de feu et protéger les habitants.

Au-delà de l’intervention des secours, Jean-Louis Masson souhaite donc remettre la prévention et la gestion forestière au centre du débat public. Il appelle notamment à simplifier les procédures et à donner davantage de moyens d’action aux professionnels et aux élus présents sur le terrain.

« Face au risque incendie, le principe de précaution ne peut pas devenir le principe de l’inaction », conclut le président du Conseil départemental du Var. Une position politique affirmée qui devrait nourrir les discussions sur l’avenir et la protection des forêts méditerranéennes.