À l’évidence, pour Valérie Marrone, la réponse est oui ! Et elle veut le faire savoir depuis sa nomination à la présidence de “Fiers d’être artisan”, un collectif qui vient de lancer la Route des savoir-faire, une initiative itinérante pour valoriser les métiers et retisser du lien avec le grand public.
Valérie Marrone présidente de l’association « Fiers d’être artisan - Var » © Conrad Eberhaerd
Valérie Marrone, votre association se revendique comme un collectif de terrain…
Nous sommes des professionnels engagés, proches des artisans. Notre objectif est de défendre et valoriser les savoir-faire, mais aussi d’accompagner les enjeux de transmission des métiers et des entreprises.
Vous lancez la Route des savoir-faire, quel est l’objectif ?
Nous l’avons lancé parce qu’il existe des pépites sur nos territoires que l’on ne connaît pas. L’idée, c’est d’aller sur place, d’ouvrir les portes et de créer du lien avec le grand public, notamment les jeunes.
Valérie Marrone présidente de l’association « Fiers d’être artisan - Var » aux côtés de Boris Touaty pdt "Cafés Maurice" © Conrad Eberhaerd
La première étape s’est tenue chez Cafés Maurice à Toulon…
Oui, et pas dans une salle classique, directement dans leur usine de torréfaction. Les visiteurs ont pu voir les machines, comprendre les étapes, sentir les arômes. C’est exactement l’esprit de la Route : faire vivre une expérience.
Pourquoi ce choix ?
Parce que cette entreprise incarne la transmission et l’excellence artisanale. Et surtout, elle permet de rendre visible un processus que peu de gens connaissent.
L’artisanat doit-il trouver une nouvelle image pour s’adresser aux jeunes ?
Oui parce que les jeunes cherchent du sens dans ce qu’ils veulent faire. L’artisanat apporte des réponses. Même avec l’intelligence artificielle, les métiers manuels resteront essentiels.
Estimez-vous que la représentation des artisans dans notre département n’est pas suffisante ?
Oui, car 90 % des entreprises artisanales ne sont pas représentées. Nous voulons être leur relais et porter leurs problématiques.
Les artisans vont être confrontés à de nouvelles règles, qu’en pensez-vous ?
Ces enjeux sont multiples, mais une échéance est proche, celle de la réforme des codes NAF en 2027, c’est un sujet clé. Un mauvais code peut avoir des incidences sur l'administratif (aides) , le social (conventions collectives), le commercial (appels d’offres) et assurantiel. Les entreprises peuvent d’ores et déjà consulter sur INPI le nouveau code attribué
Quelle est votre ambition ?
Devenir un interlocuteur reconnu, mais surtout continuer à aller sur le terrain, créer du lien et valoriser les savoir-faire. C’est un enjeu partagé par les artisans eux-mêmes si j’en crois ce que vient de dire notre hôte, Boris Touaty, chez qui nous étions il y a quelques jours, je cite : « Quand on est chef d’entreprise, on est souvent seul. Avoir un collectif, un réseau, c’est essentiel. »
Boris Touaty, dirigeant des Cafés Maurice.
« Le café est le produit le plus consommé en France, mais sa transformation reste méconnue. Pouvoir ouvrir notre atelier et expliquer comment on passe du café vert à la tasse, c’est essentiel ». Relancée en 2020 après 38 ans d’arrêt, l’entreprise allie héritage et modernité : « Je reprends un nom chargé d’histoire et j’y apporte un savoir-faire artisanal actuel, avec des méthodes modernes », explique-t-il. Installée depuis seulement quelques mois dans ce nouveau site, l’entreprise a aussi été pensée pour accueillir du public avec un espace plus grand, qui permet de travailler et de recevoir dans de meilleures conditions. »
La tournée des savoir-faire sera :
- le 1er Juin à 18h à la faïencerie de Varages
- le 7 Septembre à 18h à la Charpenterie d'autrefois à Roquebrune sur Argens
- et le 30 Novembre à 18h Chez nougats Maison Jonquier à Ollioules