Assurance-vie : donner du temps à son argent 

Souvent associée à la transmission, l’assurance-vie peut aussi accompagner une épargne tout au long de la vie. Projets, retraite, capitalisation, Damien Najarian, conseiller en gestion de patrimoine, explique pourquoi commencer tôt, même avec de petites sommes, peut faire une réelle différence.


Damien Najarian, conseiller en gestion de patrimoine

L’assurance-vie est souvent associée à la transmission. Est-elle aussi un véritable outil d’épargne ?

Absolument. La transmission n’est que l’une de ses utilisations. L’assurance-vie peut constituer une véritable enveloppe d’épargne et de capitalisation pour préparer un achat immobilier, financer les études de ses enfants, compléter ses revenus ou préparer sa retraite. Sa force réside dans sa souplesse : versements ponctuels ou programmés, adaptation de l’épargne à sa situation et évolution des investissements au fil du temps. Mais l’élément le plus puissant reste souvent le temps. Les gains potentiels peuvent à leur tour produire des gains : c’est le principe des intérêts composés.

 

Comment l’assurance-vie peut-elle s’adapter au court, moyen et long terme ?

Tout dépend de la durée du projet. À court terme, la prudence doit généralement être privilégiée. À moyen terme, l’épargne peut être davantage diversifiée selon la durée disponible et la capacité à accepter les fluctuations. À long terme, notamment pour la retraite, le temps peut permettre d’envisager une stratégie plus dynamique, toujours adaptée au profil de risque. La question n’est donc pas seulement : « Quel placement rapporte le plus ? », mais plutôt : « Dans combien de temps aurai-je besoin de cet argent et pour quel objectif ? »

 

Pourquoi commencer tôt, même avec seulement 50 ou 100 euros par mois ?

Parce qu’en matière d’épargne, le temps peut parfois avoir plus de valeur que le montant investi au départ. Une personne qui commence à 30 ans dispose de plusieurs décennies pour faire fructifier progressivement son capital. Celle qui attend 50 ans devra généralement fournir un effort mensuel beaucoup plus important pour tenter d’atteindre un objectif comparable. Une petite somme régulière est aussi plus facile à intégrer dans un budget. La retraite se construit progressivement, mois après mois, année après année.


Concrètement, quel peut être l’effet du temps ?

Prenons un exemple purement pédagogique : 100 € versés chaque mois, avec une hypothèse de rendement moyen de 5% par an, hors frais, fiscalité et inflation.

Au fil des années, la capitalisation prend donc une place croissante. Le rendement n’est évidemment pas garanti et le résultat dépend des supports choisis, des frais et du niveau de risque accepté.

 

Quel conseil donneriez-vous aux Varois qui souhaitent faire travailler leur épargne sans prendre de risques inconsidérés ?

D’abord, conserver une épargne disponible pour les imprévus. Ensuite, s’interroger sur l’argent qui dort durablement sur des supports peu adaptés à ses objectifs. Il ne faut jamais investir dans ce que l’on ne comprend pas : davantage de rendement implique généralement davantage de risques ou de contraintes. On peut commencer progressivement, avec des montants raisonnables et des versements réguliers. L’essentiel est de donner une direction à son argent. Une épargne sans objectif finit souvent par dormir. Une épargne avec un objectif peut commencer à travailler.