Livres : « Petit Son » invite à trouver sa voix

Lilloise d’origine et Six-Fournaise d’adoption, Eva Dunkelmann vit dans le Var depuis dix ans. Poète et écrivaine, elle signe avec « Petit Son » son premier conte pour enfants. Créé avec les éditions Poétie, cet album destiné aux 3-8 ans mêle mots, illustrations et musique interactive pour une aventure à partager en famille. Rencontre avec son autrice. 

 

Comment est né « Petit Son » ?

Petit Son est né d’une rencontre avec les éditions Poétie (à Solliès-Toucas), qui m’a proposé de faire dialoguer mon imagination avec celle de différents artistes : illustrateurs, compositeurs et musiciens. Cette rencontre entre écriture, illustration et musique a donné naissance à un récit poétique aux sonorités jazz, pour les enfants de 3 à 8 ans et leur famille.

Quelle histoire ce livre raconte-t-il ?

On suit l’aventure d’un Petit Son à la recherche de sa liberté d’expression. Son voyage, ponctué de rebondissements et de découvertes de nouveaux univers musicaux, l’amène à prendre confiance en lui et à se révéler. C’est une invitation à oser changer de refrain pour trouver sa propre voix, sa propre voie.

Écrit-on différemment pour un livre accompagné par un orchestre ?

Cette expérience a été très enrichissante, car mon récit a progressivement pris vie entre les mains de l’illustrateur et les instruments des musiciens. Nous avons travaillé dans un réel esprit d’équipe, pour que chacun enrichisse l’histoire de sa propre interprétation.

J’ai proposé une première version, avec un texte spécialement porté sur l’univers musical, puis apporté des ajustements au fil de l’avancée des autres artistes. Fernando Goncalves, le créateur de Poétie, a été le pilier du projet en coordonnant les échanges entre nos disciplines.

 

Quelle place laissez-vous à la personne qui lit l’histoire ?

J’ai conçu le texte pour que les lecteurs puissent s’en emparer et s’amuser à l’interpréter selon leurs émotions et leurs envies. Voix des personnages, accélérations, silences, écoute musicale ou contemplation, petits et grands donnent vie à l’histoire grâce aux variations de rythmes et d’intonations.

La lecture du soir pourra être plus douce que celle du matin, ou tenir compte des gestes de l’enfant pour davantage d’interaction en journée. Le lecteur devient le chef d’orchestre de l’histoire et donne le ton à ce moment partagé.

 

Peut-on découvrir « Petit Son » sans musique ?

Tout à fait. La musique accompagne la lecture et met le texte en résonance, mais les mots, les illustrations et les couleurs font également vibrer l’histoire.

Autrice de poésie, j’ai souhaité que le texte soit lui-même musical, avec des jeux de mots et de sonorités. « La famille Sol qui l’adorait » devient ainsi, à l’oreille, « La Fa Mi Sol qui La Do Ré ». Et « s’emmêler les pinceaux » se transforme en « s’emmêler les pianos », pour lier texte et musique au-delà des instruments.

 

Quelles réactions observez-vous lors des lectures publiques ?

Les enfants s’attachent rapidement aux personnages et découvrent avec curiosité l’univers musical de Petit Son. Même les plus jeunes, qui ne comprennent pas encore toutes les subtilités du texte, sont happés par la musique, les illustrations et les gestes amusants à réaliser avec le livre, comme faire sonner les cloches ou dévaler les touches d’un piano géant.

Les parents retrouvent leur âme d’enfant et découvrent une autre façon d’aborder la lecture à voix haute. 

 

Pour info : 

Eva Dunkelmann sera à la librairie Charlemagne de La Seyne-sur-Mer, le 28 novembre à 16 heures pour une lecture et une séance de dédicaces.