Didier Brémond : « Les maires rencontrent de plus en plus de difficultés ! »

Réunis il y a quelques jours à Draguignan pour la neuvième édition du Salon des maires et des présidents d'intercommunalité du Var, les élus locaux ont échangé autour des enjeux qui concernent leurs territoires. À la tête de l'Association des maires du Var depuis juin 2026, Didier Brémond appelle à davantage de souplesse réglementaire, à un dialogue renforcé avec l'État et à l'unité des communes varoises. Entretien avec Var Infos.

 

Un rendez-vous entre élus, institutions et partenaires

Avec 153 communes conviées, plus de 2 300 m² dédiés à plus d’une centaine d’exposants, ce salon constituait un temps d'échanges entre élus, représentants institutionnels, entreprises et partenaires des collectivités. Mais pas seulement… Pour Didier Brémond, président de l'Association des maires du Var (AMF83), cette journée était aussi l'occasion de faire entendre les préoccupations des élus locaux. Entre complexité administrative, contraintes foncières et relations avec l'État, il défend une approche collective et pragmatique.

 

« Nous avons besoin d'être écoutés à Paris »

Voilà en substance le message que le président des maires du Var souhaitait distiller lors de cette neuvième édition, particulièrement à l’attention de l’Etat. 

« Il ne s'agit pas simplement de critiquer pour critiquer… mais nous devons faire comprendre les difficultés que nous rencontrons. On empile les lois, les décrets et finalement, la crainte que nous avons, c'est qu'à force de contrôles, nous en arrivions à ne plus pouvoir faire grand chose. Nous avons besoin d'être écoutés, notamment à Paris, et surtout d'être accompagnés pour réaliser nos projets. »

Crédit photo Conrad Eberhaerd

Des exemples concrets : le logement social 

« Le logement social est un très bon exemple. On nous demande de construire des logements sociaux, mais parallèlement, les objectifs liés au zéro artificialisation nette, le ZAN, réduisent nos possibilités de mobilisation du foncier. À un moment, la raréfaction des terrains va nécessairement faire augmenter les prix. Et plus les terrains coûteront cher, moins nous pourrons produire de logements sociaux. Je pense qu'il faudrait pouvoir disposer de zones tampons pour permettre la réalisation de ces logements. Il faut trouver des solutions adaptées aux réalités locales afin de répondre aux besoins des habitants sans nous retrouver systématiquement bloqués par des réglementations qui se superposent. »

 

Face à des compétences élargies, un manque de liberté 

Est-ce une impression ou une réalité ? Didier Brémond s'interroge mais le discours ne laisse aucune place au doute. « L'État nous transmet des compétences, mais il ne nous a jamais autant dirigés. C'est un sentiment que partagent les maires et il faut que nous soyons entendus. Pour ma part, je tente de faire passer des messages pour essayer d'adoucir certaines lois et certains décrets. Et surtout, je veux que nous travaillions ensemble, parce que notre intérêt est commun. »

 

Un dialogue constructif avec le préfet du Var

Mais si l'Etat reste parfois sourd à ces suppliques, les élus varois dressent un constat unanime : l'arrivée de Simon Babre, en qualité de préfet du Var, a réchauffé des relations jusque-là tendues. « Nous avons une chance énorme d'avoir le préfet que nous avons. Je ne suis pas quelqu'un qui passe systématiquement la brosse à reluire, mais je reconnais que nous avons un préfet facilitateur dans les dossiers. Lorsque nous avons besoin de lui, il répond présent. Évidemment, quand quelque chose n'est pas possible, ce n'est pas possible mais il met tout en œuvre pour nous permettre de réaliser nos projets sur le territoire. Notre volonté n'est pas de travailler contre l'État mais d'être accompagnés. Je suis assez optimiste pour la suite. »


Simon Babre, nommé préfet du Var en juin 2025/Crédit photo Conrad Eberhaerd.

Une association des maires « totalement apolitique »

Président de l'Association des maires du Var depuis juin dernier, Didier Brémond estime qu’il est encore trop tôt pour tirer un bilan de son action mais son objectif est clair et précis : « Ce que je veux, c'est une association totalement apolitique, clame-t-il, dans laquelle chacun doit pouvoir s'exprimer comme il l'entend. Je souhaite surtout que nous soyons ensemble et pas à côté les uns des autres. C'est cela qui est important à mes yeux. Nous sommes dans une nouvelle mandature et nous devons travailler efficacement pendant les six prochaines années, avec toutes les collectivités et les services de l'État. »


« Les maires varois sont globalement unis »

Même s’il reconnaît que “la politique reste la politique”, le président varois souhaite que les élus mettent de côté leurs différentes sensibilités politiques, pour s’adapter aux réalités territoriales. « Je crois que, globalement, nous sommes dans un département où les élus collaborent avec le monde agricole, avec le monde économique et avec l'ensemble des métiers, explique-t-il. Il existe une véritable habitude de travailler avec ces différents acteurs. Alors oui, je pense que l'on peut considérer que les maires du Var sont globalement unis. »

 

À travers cette première participation au Salon des maires en qualité de président de l'AMF83, Didier Brémond affiche ses priorités : défendre les capacités d'action des communes, obtenir davantage de souplesse dans l'application des réglementations et préserver le dialogue entre les collectivités et l'État. Sa volonté de construire une association rassemblant les élus au-delà de leurs appartenances politiques constitue l'un des fils conducteurs de cette nouvelle présidence. Dans un département où les réalités territoriales sont diverses, le défi sera désormais de transformer cette volonté d'unité en actions communes au service des collectivités varoises.